
Il faut chercher l’origine du RCCC à Thiès au Sénégal, à 70 km à l’Est de Dakar, en 1943, là ou le groupement Tactique Colonial Motorisé tenait alors garnison. Le régiment fut dirigé sur le Maroc et cantonna d’abord à Casablanca pour œuvrer à la réception du matériel américain destiné à rééquiper l’Armée Française, et à la fin de 1943 à Rabat, au camp Garnier.
Inspecté par le Général de Lattre au début de 1944, lors d’une prise d’armes nocturne restée célèbres chez les anciens du Régiment , il reçut de ce dernier l’assurance d’être transformé en unité blindée, la première de la Coloniale, et, à ce titre d’être présent au rendez-vous de la France à libérer.
Le régiment qui s’adjoignit un contingent d’évadés de France par l’Espagne, fut alors soumis à un entrainement intensif , principalement dans le maniement des Tanks- Destroyers (TD).
Après un transfert en Algérie, en
avril 1944, le régiment perçut dans l’enthousiasme général son matériel : 36 TD M10, des automitrailleuses MS de reconnaissance, des Jeeps, des Dodges, des GMC, et toute la logistique. L’embarquement eut lieu peu de temps après, d’Oran vers la Corse, ou stationnaient les unités de la 9ème DIC (Division d’Infanterie Coloniale).
Le régiment était constitué de 5 escadrons : un de reconnaissance, un « hors rang » de commandement, et trois escadrons de TD. Au plus fort de ses effectifs le RCCC comptera 638 hommes. En France libérée, de jeunes volontaires venus souvent des FFI relevèrent des africains noirs.
Le commandement revint au Lieutenant-Colonel Charles (décédé en 1977), avec pour adjoint le Lieutenant-Colonel Larroque.
C’est dans la nuit du
19 au 20 août 1944 que les premiers éléments débarquèrent en France à La Nartelle près de Saint-Raphaël. A partir du 20 août, ce furent les premiers affrontements pour l’attaque du camp retranché de Toulon.
En septembre 1944, le RCCC atteignit le Doubs . Dans la boucle du Doubs, le régiment connut pendant deux mois offensives locales, patrouilles et gardes de nuit au contact de l’ennemi dans les secteurs de Clerval, Vermondans, la Pretière, la frontière suisse, sous une pluie tenace, dans la boue, les inondations et les premières neiges.
Le
14 novembre, la grande offensive fut lancée par la 1ère Armée en direction de l’Alsace et du Rhin. Les très durs combats menés par le régiment lui permirent de maintenir l’axe Delle-Seppois soumis à de violentes contre-attaques de blindés lourds : il fallait contenir les Jagd-Panthers tentant de couper la route du ravitaillement des unités progressant en direction du Rhin et de Mulhouse. Parmi ces unités, il fallait compter les éléments du RCCC, lui-même parvenu à Battenheim, qui fut le théâtre de violents engagements.
Le
30 novembre en appui du 6ème RIC (Régiment d’Infanterie Colonial), le RCCC participe à la prise de Village-Neuf et à celle d’Hunningue. En décembre il opère à Loechle, tête de pont ennemi sur la rive ouest du Rhin et de Mulhouse, ainsi qu’au nettoyage de la forêt de la Hardt. Du
2 décembre 1944 au 20 janvier 1945 : période de stabilisation. La bataille pour la réduction de la poche de Colmar du
20 janvier au 9 février 1945 se déroula dans la neige sur du verglas, par un hiver très rigoureux ou le thermometre accusa les – 20°.
Apportant le soutien de leurs tubes de 76.2, les escadrons du RCCC accompagnaient les marsouins du 6ème, 21ème, et 23ème RIC dans leur sanglante progression parmi les « Tellermines » enfouies sous la neige et sous les tirs des « nebelwerfers », les mortiers à six tubes à travers toute l’Alsace. Les cités de Sainte-Barbe et Winttenheim, notamment furent détruites au cours de combats acharnés.
L’alsace était libérée en
février 1945. Après un mois de pose, le régiment entama le
2 avril 1945 son ultime campagne : ayant franchi le Rhin à Liemersheim et à Mannheim, il s’empara de Hoshstetten et de Linkenheim, ouvrant ainsi la route de Karlsruhe, ou ses éléments pénétrèrent le
4 avril, avant de s’engouffrer dans la plaine de Bade. Faisant sauter le bouchon de Rastatt lors d’un violent engagement, aux côtés notamment du 6ème RIC.
Le régiment pris ensuite la direction du Sud, vers la frontière suisse, ou après un dernier affrontement à Lorrach, il atteignit les rives du Danube et les bords du Lac de Constance.
Le Maréchal de Lattre dira en septembre 1945 :
« Le RCCC mérite de figrer en tête des unités d’élite dont l’héroisme fit la fierté de la 1ère Armée et lui permit de donner à la France sa victoire. »