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RCCC - Régiment Colonial de Chasseurs de Chars

Rapport du Lieutenant-Colonel Charles Commandant le Régiment Colonial de Chasseurs de Chars (non daté)

Rapport du Lieutenant-Colonel Charles Commandant le Régiment Colonial de Chasseurs de Chars (non daté)

1ère Partie – Enseignements d’ordre tactique

I. L’emploi du RCCC au cours des opérations

Depuis le débarquement en France de Toulon à Mulhouse, le RCCC a toujours été employé en soutien immédiat d’Infanterie, il a effectué cependant au cours de la période de stationnement dans la Boucle du Doubs quelques missions d’Artillerie en tir indirect. A aucun moment, il n’ a eu à faire face à une attaque massive de chars ennemis.

Il a le plus souvent été engagé par escadron, mis à la disposition de tel ou tel Régiment d’Infanterie, sauf pendant la période du 20 au 30 novembre 1944 ou un groupement aux ordres du Lieutenant-Colonel Commandant le RCCC et comprenant :

• Un Bataillon d’Infanterie (1/6e RTM)
• Le RCCC moins un escadron de TD a opéré dans le couloir de la Largue ( Région SEPPOIS – FRIESEN – UEBERSTRASS – LARGITZEN) en vue de couvrir et protéger les communications de la 1ère DB ; grande unité à laquelle il était rattaché.

Les enseignements tirés de ces opérations visent donc particulièrement les cas les plus fréquents ou les TD ont agi en soutien d’Infanterie, aux ordres d’un Chef d’Infanterie.

II. La coopération Infanterie –TD (RCCC)

A/ Son caractère particulier ;

Deux remarques s’imposent de prime abord : d’une part les unités du RCCC ont presque toujours travaillées avec les unités de la 9ème DIC, d’autre part les cadres et la troupe du RCCC ont tous été fantassins. Ces deux considérations ont pour conséquences heureuses une liaison parfaite et une juste compréhension des servitudes et des besoins de l’Infanterie. Par contre, si les cadres supérieurs d’Infanterie faisaient dès le début la discrimination entre chars et TD, il n’en a pas toujours été de même des échelons subalternes pour qui, un blindé doit tout faire. La cause semble en être une connaissance trop sommaire des caractéristiques et des possibilités d’un matériel nouveau dans l’Armée Française.

Les quelques principes suivants doivent donc être rappelés à l’Infanterie et comme malheureusement elle se renouvelle, c’est très souvent au cours de l’instruction qu’il faut parler des TD et pas seulement de jour J

B/ Notions techniques à connaître :

Ces notions essentielles de base sont les suivantes :

1) le TD n’est pas un char, il est faiblement blindé (par rapport au Sherman, la relation est du simple au double environ), sa tourelle est ouverte donc très vulnérable, en particulier lorsqu’il est facile de l’approcher (bois,localités).
2) Armé d’un canon très puissant et très précis à grande vitesse initiale, son approvisionnement en munitions est réduit (54 obus : 37 explosifs – 17 perforants). Il ne peut tirer en marchant ni au canon ni à la mitrailleuse).
3) Le TD est lourd (30 tonnes), son centre de gravité est haut ; ses possibilités de parcours en tous terrains en sont affectées et sa stabilité en est diminuée.
4) Volumineux, et très visible, son apparition aux vues de l’ennemi attire sans délai, la réaction de l’artillerie adverse.
5) Son rayon d’action est de 6 à 7 heures de marche – il y a donc lieu d’éviter les déplacements inutiles si l’on est pas sur de pouvoir assurer les moyens de ravitaillement en temps utile.

Il en résulte que le TD ne peut être employé ni comme engin de reconnaissance – ni comme char ; il serait très rapidement mis hors de combat sans grand profit et, difficilement remplacable, il ferait sunguliérement défaut lorsque son adversaire, le char adverse, ferait son apparition. Mais en l’absence de chars ennemis ou d’engins similaires, il est hors de question de ne pas employer à autre chose la puissance de feu que représente le Régiment de TD. On peut :

• soit lui faire renforcer les feux de l’Artillerie Divisionnaire
• soit l’utiliser en soutien d’Infanterie dans les différentes actions menées par cette arme.

C’est la deuxième solution qui a échu le plus souvent au Régiment ou les TD ont été employé comme canons automoteurs, celui-ci ayant pour rôle de mettre la puissance du feu de l’Artillerie à la disposition immédiate de des commandants des petites unités d’Infanterie (Bataillon, Compagnie, Section) – Une telle mission a été le plus souvent décisive dans chacune des actions ou les TD ont été employés.

Ces notions essentielles limitatives de leur emploi ayant été admises, on s’est heurté fréquemment à la tendance de certains Chefs d’Infanterie de vouloir dissocier à l’extrême les unités de TD ; parfois même jusqu’à un seul engin : c’est méconnaître absolument l’organisation de ces unités et en outre un manque de jugement car il ne viendrait pas à l’esprit du même Chef d’Infanterie qui demande un TD de prêter un seul mortier au Régiment de TD, dépourvu d’armes à tir courbe.

C/ Notions d’organisation à connaître :

L’organisation sommaire des unités et leurs caractéristiques qui doivent êtres connues est rappelée ci-dessous :

Les unités de TD sont de bas en haut : le TD, le Groupe, le Peloton, l’Escadron, le Régiment.

1) le TD et le groupe (2TD) ne sont que des fractions de peloton - leurs moyens radios ne leurpermettent pas d’assurer la liaison avec une unité d’Infanterie appuyée. Ce ne sont pas des unités autonomes susceptibles de recevoir une mission indépendante. Dans le cadre de son Peloton et dan le cadre de l’emploi en automoteur le groupe est l’unité de tir.

Compte tenu, d’autre part, de ne jamais laissé un engin blindé s’engager seul, privé de surveillance et d’appui feu, le groupe ne doit jamais être dissocié.

2) Le Peloton comprend un Chef, un groupe de protection (un gradé huit hommes), 2 groupes de TD

Il ne possède pas en propre de moyens de ravitaillement ni de dépannage. Le Chef de Peloton dispose d’une jeep, ce qui lui confère une certaine indépendance vis-à-vis de ses TD

La liaison avec l’Infanterie appuyée peut être réalisée :

• Soit par contact personnel entre le Chef de l’Unité appuyée et le Chef de TD
• Soit plus avantageusement par radio si le Chef de l’Infanterie prête au Chef de Peloton un poste 536 pendant toute la durée de l’opération envisagée

Le Peloton est la plus petite unité d’emploi et ne doit pas être fractionné car c’est la seule façon pour un Chef d’Infanterie d’avoir le maximum de certitude, que la mission qu’il donnera sera exécutée au mieux. L’emploi et la mise en service des TD exige en effet de leur chef, des qualités particulières de jugement, de décision rapide : qualités que l’on ne trouve pas toujours réunies chez un Sous-Officier Chef de groupe.

En outre, en raison des servitudes techniques d’entretien, de dépannage et de réparation, le peloton doit être employé dans le cadre de son escadron.

3) L’Escadron de TD

Constitué d’un peloton hors rang, et de 3 pelotons de combat, le Capitaine Commandant dispose de moyens de transmission relativement puissants (608 portée jusqu’à 20 kms), de services de ravitaillement et de dépannage lui permettant de vivre et même, si on le renforce d’une partie des moyens régimentaires de durer pendant une certaine période ( 4 à 5 jours en cas d’opérations actives) ;

4) Le Régiment

Sommairement, comprend un E.M, un escadron hors rang, 3 escadrons de TD, un escadron de reconnaissance.

Son organisation lui permet de renforcer sérieusement un escadron de TD qui recevrait une mission l’éloignant du gros du Régiment. Ce renforcement consisterait par exemple en :

• Moyens de commandement et de transmission (groupe du Commandement en second)
• Moyens de reconnaissance (1 peloton de l’escadron de reconnaissance)
• Moyens de dépannage et de ravitaillement.

Cette solution a été appliquée au Régiment dans la deuxième quinzaine de novembre 1944 lorsqu’un élément du RCCC a été détaché auprès du RICM au cours des opérations sur Mulhouse.

Ce renforcement ne peut cependant se faire qu’au profit d’un seul escadron, il est hors de question d’envisager un fractionnement plus poussé qui mettrait les services régimentaires dans l’impossibilité d’assurer dans de bonnes conditions : l’approvisionnement, le ravitaillement, le dépannage et les réparations.

III. Les conditions d'emploi en soutien immédiat de l'infanterie dans l'offensive :

- sur le champ de bataille, les TD recherche la destruction de l'adversaire gênant directement ou indirectement la progression de l'infanterie (armes, observatoires, etc.)

La précision du tir des TD compense leur faible approvisionnement en munitions et la destruction intervient rapidement (en général jusqu'à 1200 m trois ou quatre coups suffisent pour atteindre leur but).

- La neutralisation d'une zone qui exige une grande consommation de munitions est une mission à rejeter.

Les TD attaquent en tirant au but, se déplacent pour amener leurs tirs à portée efficace - l'effet est en général foudroyant pour l'adversaire et maints exemples en ont apporté la preuve - en particulier l'obus explosif HE. 42 tirés à court retard en lisière de bois à 2,50 m - 3 m de haut dans les arbres produit un effet terrifiant sur le personnel (d'après déclaration de prisonniers).

a) Mission:

Les missions à donner et sont donc des missions de tir (effet, objectif, moment) ; elles seront effectuées en tir direct aux petites ou moyennes distances contre des objectifs peu étendus et pendant de courtes périodes.

C'est au moins aux chefs de peloton que de telles missions doivent être données (pour les raisons indiquées précédemment). Elles lui seront notifiées de vive voix s'il se trouve à proximité du chef d'infanterie dont il dépend, ou par radio si un poste à poste à pu être organisé par prêt au chef de peloton de TD ; d'un moyen radio de l'unité d'infanterie.

Ce dernier procédé, bien qu'hypothéquant l'unité intéressée, a été réalisée bien souvent avec efficacité avec le 9ème Zouaves et les régiments de la neuvième D. I. C (une demande de postes supplémentaires adressées à cet effet n'a jamais reçu satisfaction).

La destruction suppose connue de façon certaine la situation de l'objectif, il faut être sûr aussi de son occupation ; en outre dans le choix des résistances et ne mit à faire sauter, il y a nécessairement un ordre d'urgence, fonction d'une idée de manoeuvre, il semble donc que le chef d'infanterie le plus qualifié pour donner une mission à un chef de peloton de TD soit le chef de bataillon.

Il ne faut pas que, par cascades successives, le chef de peloton de TD se soit mis directement aux ordres d'un commandant de compagnie qui voit rarement l'ensemble.

b) Les procès d'exécution de la mission

Les TD ne peuvent tirer en marchant ; toutes leurs manoeuvres consistera à se déplacer de position de tir en position de tir, de façon à occuper au bon moment un emplacement permettant une efficacité certaine.

Il est souhaitable en outre, qu'à tout instant l'intervention par le ne soit possible, ce qui impose un déplacement par échelon et ceci est un argument supplémentaire contre la dissociation du peloton, celui-ci se déplaçant par échelon de groupe aux ordres de son chef.

Les emplacements de tir se situeront à l'intérieur du dispositif d'infanterie, il ne sert à rien d'envoyer les TD en avant de l'infanterie -- ils ne découvriront pas mieux les objectifs intéressants à détruire et ne peuvent comme les chars neutralisés a priori, avec leur arme automatique, une zone suspecte, ils sauront la proie facile d'un PAK bien embossé et seront vouées à une destruction certaine sans aucun effet sur l'ennemi sinon à son avantage.

Le bon procédé d'emploi d'un peloton de TD mis à la disposition d'un bataillon d'infanterie consiste à donner au chef de peloton sa mission de tir avec précision, ainsi que la zone de déploiement d'où il doit remplir cette mission.

Le chef de peloton et juge du choix des procédés d'exécution. Son rôle consiste alors :
- à déterminer l'emplacement exact de ces TD
- à déterminer la distance de tir
- à reconnaitre les itinéraires défilés permettant l'accès discret à cet emplacement.

Il est bon de préciser les clubs, de même que pour les armes lourdes d'infanterie, toutes mises en batterie doit être précédé d'une reconnaissance.

c) Les conditions d'exécution de la mission:

La mission bien fixée, les reconnaissances faites, il reste au TD de gagner leur position de tir -- sept mises à pied d'œuvre doit se faire sous la protection de l'infanterie. Elle est assurée :

- soit par la place même des TD dans le dispositif,
- soit par la constitution de détachements spéciaux dont la mission sera d'éloigner des TD les menaces immédiates; snipers, lanceurs de grenades, bazookas... Le groupe de protections propre aux TD est évidemment insuffisant il n'a pas été conçu pour le rôle qu'on lui fait jouer dans le soutien de l'infanterie.

Ces détachements doivent être aussi pionniers et équipés comme tel, de façon à aménager les points de passage délicat.

C'est une servitude que les TD demande à l'infanterie, mais combien payante, si un peu de travail permet d'amener au bon moment, au bon endroit, un canon qui, en quelques coups détruira surement, les quelques ennemis opiniâtres qui arrêtent la progression d'une compagnie.

Certaines fois même, et ce fait s'est passé à LOECHLE le 10.12.1944 (réduction de l'école), la mise en oeuvre des TD sera précédée de la destruction préalable d'une arme antichar ennemie, par des équipes de destructeurs de chars armés de roquettes. Cette opération faite, le TD évolue librement et a bout portant annihile les défenseurs récalcitrants.

Les effets du feu des TD doivent être exploités sans délai par l'infanterie d'accompagnement ; c'est un assaut hardi, rapide, brutal, qui livrera aux fantassins un ennemi désemparé et prêt à se rendre : (exemple de la cote 79.2 à Toulon où l'action bien préparée de deux pelotons de TD livre sans perte pour l'infanterie un objectif important).

L'objectif conquis, l'ennemi capturé ou détruit, il faut penser à l'avenir, aux contre-attaques possibles, ou si l'ennemi dispose de blindés, les tanks destroyers pourront prendre une grande part. Tant que le plan de D. C. B. n'est pas assis, il est avantageux de laisser les TD sur cet objectif, mais en général, c'est que le chef de l'unité TD se heurte au point de vue du chef de l'infanterie ; celui-ci exige fréquemment que chacun des TD soit en batterie, souvent loin les uns des autres, croyant que la présence seule, procurera la sécurité nécessaire. Il semble que dans ce cas, le chef doit plutôt avoir hâte de se constituer dans les délais les plus brefs, une réserve mobile antichars.

Placé en une position de défilement provisoire, à l'abri relatif des coups, les TD seront cependant prêts à être engagé ensemble sur la direction dangereuse en cas de contre-attaques ennemie blindée. De plus, ce répit pourra être mis à profit par les équipages pour faire quelques petits réglages toujours nécessaires et trop souvent négligés.

Le problème qui vient d'être traité concerne l'engagement d'un peloton agissant en soutien d'un bataillon d'infanterie, il est important que le commandant d'escadron dont dépend ce peloton puisse vivre l'engagement de son unité pour redresser éventuellement les erreurs, la re-compléter en munitions, faire dépanner un véhicule en panne, soit par ses moyens, soit en faisant appel aux moyens régimentaires.

La dotation actuelle en TD ne permet pas d'affecter tout un escadron en soutien d'un bataillon d'infanterie ce qui serait évidemment l'idéal, mais la solution minima semble être de mettre un escadron entier en soutien d'un régiment d'infanterie et d'un seul.

Dans le cadre de sa manœuvre, le colonel pourra faire sentir son impulsion, sa volonté, en mettant en œuvre la masse de Tout l'escadron (12 TD) au profit de tel ou tel bataillon.

Son conseiller technique sera le capitaine des TD dont les transmissions, en générale satisfaisante, permettront de traduire rapidement en actes, des décisions opportunes.

Disperser un escadron de TD entre deux régiments d'infanterie amène finalement à laisser les pelotons à la disposition des bataillons d'infanterie, et l'action des colonels ne peut plus se faire sentir ; il en est de même lorsque les pelotons, dans un même régiment, sont répartis entre chacun des bataillons d'infanterie. C'est abdiquer à l'avance toute possibilité d'engagement massif d'un matériel puissant c'est la solution de 1918, qui mettait une section de chars FT à la disposition d'un bataillon ; il semble qu'à l'heure actuelle, on puisse faire quelque chose de plus original.

IV. cas particulier de la conquête des localités :

Les escadrons du régiment ont reçu souvent pour mission de coopérer à la prise des localités en liaisons avec l'infanterie seule (UEBERSTRASSE-FRIESEN-LARGITZEN-HIRZBACH-VILLAGE NEUF -LOECHLE).

Soit avec infanterie et chars -- le village et cités au nord de Mulhouse de BOURTZWILLER a cité Ste Barbe.

Dans les deux cas le rôle des TD peut se schématiser ainsi :

1. appuyées et protection du débouché de l'infanterie ou des chars.
2. appui par le feu pour la conquête des lisières
3. appui de la progression dans les rues - en contribuant à la réduction des missions organisées.
4. être en mesure de s'opposer à toute contre-attaque à base d'engins blindés.

L'exécution des missions 1. et 2. ne présente aucune difficulté, c'est un problème de tir ; la mission 4 doit toujours être présente à l'esprit, car la destruction des chars et la raison d'être des chasseurs ; par contre la mission 3 exige de grandes précautions l'équipage du TD étant extrêmement vulnérables à l'action des snipers agissant des fenêtres des étages des maisons. Il est nécessaire qu'une instruction spéciale ait été donnée à l'infanterie qui doit tout faire pour permettre aux TD d'avancer sans danger grave - jusqu'à bonne portée, (souvent de l'ordre de 50 m) de la résistance repérée.

Le combat dans les localités, ne comporte en général, l'emploi que de faibles effectifs de TD; les appareils sont répartis en peloton, ou même par groupe entre les unités subalternes de l'infanterie, avec lesquelles elles doivent combattre en liaison intime, et qui doivent être en mesure de prendre immédiatement sous leur feu les emplacements d'ou l'ennemi peut lancer sur les TD des grenades ou des bazookas.

Les unités d'infanterie marchent en colonne par un le long des maisons, de chaque côté de la rue, les TD aux milieu est en retrait, les hommes d'un côté surveillant les ouvertures (fenêtres, soupiraux) et les toits du côté opposé. Dans certains cas les fenêtres peuvent être neutralisées par les tirs des armes automatiques d'infanterie en station.

V. Emploi en zone boisée


L'emploi des TD dans une zone boisée et à l'intérieur des bois fait courir de grands risques inutiles. Les champs de tir sont réduits, l'ennemi peut souvent approcher des engins sans danger et les détruire ; en outre s’il dispose d'automoteurs type Jadpanther il s'installe dans un layon et à 1500 m détruit tout engin qui se présente tout en étant sûr de l'impunité. Le cas s'est présenté dans la HARDT à GRUNHUTTE ou 2 TD du régiment, entre autres, ont été détruits.

Les seules missions que l'on peut donc donner au TD dans l'attaque d'une zone boisée ou d'un bois de faible étendue paraissent être les suivantes :

1. Appui et protection du débouché de l'infanterie
2. Appui par le feu pour la conquête des lisières.

VI. Conditions d'emploi en soutien de l'infanterie dans la défensive:

Au cours des périodes de stabilisation dans la boucle du Doubs (10 septembre au 14 novembre 1944), aux environs de Mulhouse (du 2 décembre 1944 au 20 janvier 1945), le régiment a mis fréquemment un escadron à la disposition d'un régiment d'infanterie sur la défensive.

Le plus souvent, cet escadron étant fractionné : deux pelotons étant affectés à chacun des bataillons en ligne, le troisième restant en réserve à la disposition du colonel. Tous étant, bien entendu, à l'intérieur de P.A. d'infanterie.

Inclure a priori une ou plusieurs armes antichars automotrices dont un PA de premier échelon comme cela eu lieu parfois (Bois BACON-GOUX - Ile NAPOLEON), c'est perdre le bénéfice de la mobilité et la possibilité de les rassembler massivement sur les points menacés. Cette solution ne se justifie qu'avec une troupe non aguerrie qui voit dans la seule présence du canon de 76.2mm un soutien moral plus qu'effectif.

Les TD en effet dans un tel PA ne font rien, ne sont pas utiles, ils encaissent les bombardements, risquent d'être détruits sans profit. Bien mieux vaudrait les utiliser en automoteurs nomades, en leur choisissant des emplacements de tir leur permettant à des moments opportuns de harceler l'ennemi par des concentrations d'au moins un peloton.

Le reste du temps, les éléments de TD gardés ainsi en réserve mobile stationneront dans un PA arrière ou leur sécurité immédiate doit être assurée par l'infanterie afin que les équipages puissent donner à leurs matériels les soins d'entretien indispensables.

- systèmes de transmission bien étudié et multiple
- maintien d'une partie de la troupe en état d'alerte (exercice fréquent).
- reconnaissance d'emplacement et d'itinéraires ainsi que leur jalonnement de façon à réduire au minimum les délais d'intervention.

L'emploi, couronnée de succès, des TD en soutien d'infanterie repose donc, en définitive, sur l'application de quelques règles simples :

- une étroite coopération entre infanterie et TD
- prépondérance réservée à la mission essentielle de destructeurs d'engins blindés, tout en se consacrant à la mission de soutien
- fractionnements judicieux et limiter permettant l'effet de masse des TD.

Une liaison bien établie entre l'infanterie et TD, l'habitude du travail en commun, des rapports confiants entre blindés et fantassins, seront pour une large part dans la réussite des opérations. À l'infanterie, les TD demande seulement :

- de les protéger lorsqu'ils gagnent leur position de tir et pendant qu'il tir,
- d'exploiter sans délai, par un assaut, les effets foudroyants de l'heure 76.2
- de les libérer dès que leur présence n'est pas indispensable.

À défaut d'une infanterie spécialisée, c'est une infanterie instruite dans ce genre de combat qu'il y a lieu de donner en accompagnement aux TD.

Il ne faut pas perdre de vue également, que tout en remplissant leurs missions de soutien, la mission permanente des unités de TD, reste la destruction des chars adverses; donc mission double exigeant l'emploi de deux éléments distincts, exécutant simultanément ou non leur double manœuvre souvent incompatible.

C'est donc un premier un argument pour ne pas être avare dans la répartition des TD ; venant l’appuyer, le renforcer, subsistent toujours le vieux principe de l'emploi en masse des blindés, là où le chef veut obtenir la décision. Dans le système TD, l'unité de masse, compte tenu de nos moyens actuels, est sans contredit l'escadron, dans le cadre duquel on n'engage, selon les besoins, par deux ou trois pelotons pour la conquête du même objectif. Ce fait proscrit toute répartition a priori, de tous les moyens, procédé facile mais qui engagent l'avenir, qui entrave la liberté d'action et, qui nuit au commandement des TD.

Un dosage raisonné, n'ayant aucun effet d'éparpillement des moyens, évitera des pertes aussi importantes qu'inutiles.

.../... ( A suivre)

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